Nous n’avons encore rien vu… Tout va s’accélérer.
Dans une économie mondiale
en crise, le marché de l’informatique du quotidien continue à
prospérer. Il a dépassé les 1200 milliards d’euros dans le
monde. Quatre milliards de personnes possèdent un téléphone
mobile. Quant aux ménages français, ils dépensent en moyenne
2270 euros par an pour leurs achats dans les domaines des médias
et du multimédia (soit 8% de leur consommation annuelle). Le Web
constitue aujourd’hui le principal rival de la télévision et des
autres médias. Si les français regardent leur téléviseur plus de
3h par jour contre 2h pour Internet, l'écart tend à se réduire.
Le plus étonnant est que les français passent finalement 2 à 3
fois plus de temps devant un écran (de télévision ou
d'ordinateur) qu'à écouter de la musique (54 minutes/jour), lire
des livres (38 minutes/jour) et même voir des amis ou de la
famille (59 minutes/jour).
Il faut retenir de ces
chiffres qu’il est difficile d’avoir raison contre son marché :
les français, et en particulier, la nouvelle génération, veulent
pour leur vie quotidienne, l’accès à un monde globalement
numérique et interconnecté. Pour eux, la modernité se
matérialise par la possession d’un objet nomade communicant
destiné à acheter du divertissement n’importe où, n’importe
quand et avec n’importe quel équipement (ATAWAD) sans aucune
attache physique (MOBIQUITE).
Simultanément, nous
assistons à l’arrivée de la troisième vague de l’Internet. Elle
se manifeste par la généralisation des logiques de réseaux, de
l’interaction entre l’homme et son environnement, des échanges
en toute confiance et de la personnalisation anonyme. Dans ce
contexte, l'écran, quelle que soit sa taille et sa mobilité,
communique avec des services de plus en plus riches disponibles
sur un réseau (Internet) où se trouvent également des
informations que nous aurons placées. Ce couple
services/informations devient le prolongement de nos sens tant
pour recevoir que pour communiquer.
Nous n’avons donc encore
rien vu…Tout va s’accélérer !
Par exemple, le CES 2009 a
été l’occasion de faire un point sur ce sujet dont les enjeux
sont considérables pour toutes les entreprises. On a pu noter
l’importance croissante des NetPCs, de l’Internet mobile, des
applications pour les compagnons électroniques, de l’arrivée en
masse des disques durs solides (SSD), des interfaces graphiques,
tactiles et 3D, de la robotique, du Green IT, du moi
« augmenté » et du réel « augmenté » ….sans oublier
l’interactivité de plus en plus forte des utilisateurs grâce au
Web 2.0.
Ces nouvelles formes de
création de valeurs modifient profondément les infrastructures
et réorientent les marchés en faveur des citoyens consommateurs.
Mais le CES 2009 nous a surtout permis de voir la « mort » d’une
vingtaine de produits traditionnels (télévision, radio,
électroménager, voiture….) et en même temps, leur
« résurrection ». Ces produits sont maintenant connectés et sont
des supports de services. Les utilisateurs n’achèteront plus le
« produit » mais les services attachés aux produits.
On peut affirmer que le
marché de l’informatique du quotidien va se développer très
différemment. Nous sommes déjà en train d’assister à l’émergence
de nouveaux modèles économiques en rupture. Ils vont modifier
profondément la façon dont la voiture, la maison, les transports
en commun… seront conçus, distribués et surtout consommés. Une
révolution s’annonce.
Dans ce contexte, les
entreprises qui n’apporteront pas assez de valeur ajoutée aux
citoyens/consommateurs seront rapidement « désintermédiées »,
oubliées, dépassées, en faillite. Rare sont celles qui sont à
l’abri. Elles ne se rendent pas compte que l’informatique du
quotidien fait naître leurs assassins potentiels et que ces
derniers ne sont pas les entreprises qui partagent le même
marché, mais des sociétés qu’elles ne connaissent pas et qui
auront défini leur métier en répondant aux attentes
sous-jacentes de leurs citoyens/consommateurs, en résumé, de
leurs futurs clients. Les entreprises doivent notamment
comprendre comment les consommateurs souhaitent discuter avec
l’ensemble de ses services et comment personnaliser les
relations avec un marché qui aura la possibilité de se coaliser
et demandera à co-créer les produits.
L’entrée dans l’ère du
numérique est donc une formidable opportunité pour tous les
acteurs économiques à condition qu’ils l’exploitent à temps. Par
exemple, la santé, l’énergie, l’éducation, le commerce, le
transport, l’industrie automobile dans son ensemble… vont être
profondément transformés au cours des prochaines années par le
numérique à la demande des consommateurs/citoyens.
En conclusion, il y a une
certitude : la sortie de la crise viendra de l’innovation. La
Conférence de Paris a été créée pour nous aider à en prendre
conscience, à faire des choix ambitieux et pour amplifier les
leviers de croissance en misant sur l’économie numérique. Mais
aucune technique ne remplace un bon modèle économique. Il ne
s’agit donc pas de se borner à informatiser le passé. Il faut
inventer « l’avenir ».