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Dans
le contexte économique actuel, il ne faut pas sous-estimer l'importance
de la dimension technique. Les applications d'Internet et de
l’informatique communicante, ne constituent pas un épiphénomène.
Nous n’avons encore rien vu. Tout va s’accélérer au cours des 10
prochaines années. On va assister à un bouleversement complet du
paysage informatique actuel et à l’émergence d’une nouvelle façon
de faire des affaires liés à une baisse accélérée des coûts de
transaction qui vont permettre de nouvelles formes de partenariats et
des avantages concurrentiels à ceux qui sauront en profiter.
Toute
l’expansion de l’électronique et des télécommunications reste
impulsée depuis un demi siècle par le progrès des composants à prix
constant, illustré par la fameuse « loi » énoncée en 1965
par Gordon Moore, futur co-fondateur d’Intel avec Bob Noyce et Andy
Grove. Reformulée en 1971, la loi prédit le
doublement de la densité de composants tous les dix huit mois. Cela
revient quasiment à offrir une puissance de calcul double à prix
constant ce qui contribue largement à populariser toutes les
applications tributaires de circuits électroniques, à renforcer la
puissance de manipulation de l’information des petites unités et des
personnes, à expliquer la miniaturisation sans laquelle les portables
n’existeraient pas. La loi de Moore
impose un rythme soutenu de changement de générations
techniques qui oblige les organisations à intégrer l’innovation dans
leur quotidien, faute de quoi, elles deviennent vite obsolètes, ce que
l’actualité illustre assez bien.
Avec
la loi de Moore, un autre phénomène très important est le nouvelle façon
d’accéder à l’information et de communiquer. Un proverbe chinois
connu positionne très bien la révolution que nous vivons actuellement.
Il dit la chose suivante :
"Dis
le moi et je l'oublie
Montre
le moi, et je le retiens
Implique
moi, et je comprends"
"Dis-le
moi et je l'oublie".
Ce sont les médias traditionnels. Cette démarche est adaptée au
marketing de masse. C'est la presse et la radio. Ils diffusent des
textes ou des séquences sonores. Ces modes de communications sont linéaires
et induisent un mode de fonctionnement très fortement structuré et réducteur.
L'exemple type de ce mode de communication est la radio.
"Montre-le
moi et je le retiens".
C'est l'audiovisuel avec la télévision mais aussi le cinéma, les
cassettes,..... Le pouvoir de l'image est considérablement plus grand
que celui du texte et du son. Dans une société de plus en plus entièrement
tournée vers l'efficacité au moindre coût, l'audiovisuel est devenu
le moyen de communication de base, car il est plus riche et plus
performant. La télévision est l'exemple type de ce mode de
communication.
"Implique-moi
et je comprends".
C'est l'apport fondamental d'Internet par rapport à la radio et à la télévision.
La richesse du média audiovisuel reste limitée, car il rend passif
l'utilisateur. Au contraire, les nouvelles technologies de l'information
permettent d'impliquer plus fortement l'individu, le rendre plus actif
et plus responsable, donc plus autonome et plus efficace. C'est ici que
réside toute l'originalité de ce nouveau média dont il est possible
d'imaginer aisément l'impact sur notre société. Le dialogue devient réel
et la création de valeur va dépendre de la loyauté. Le multimédia va
ainsi créer une véritable révolution.
Que
ce soit la radio, la télévision ou Internet, l'utilisation de ces médias
doit se concevoir d'une façon non connectée (on parle alors d'off-line)
ou connectée (on parle alors d'on-line). Par exemple, la radio et les
cassettes sonores sont indissociables. Il en est de même pour la télévision
et la vidéocassette.
Les
entreprises vont de plus en plus réellement exploiter la nature
interactive du multimédia pour créer des échanges plus riches et qui
ne soient plus à sens unique. L’utilisation de ce nouveau média sera
d'autant plus efficace qu'il permettra aux entreprises d’écouter les
attentes « latentes » de leurs clients, de leur donner la
possibilité de s'exprimer en confiance, de façon individuelle,
n'importe où et n'importe quand. Ce nouveau média va modifier profondément
les relations entre les entreprises et leurs clients en ré-équilibrant
cette relation au profit de ces derniers. Il est important de comprendre
cette mutation qui va avoir un effet significatif sur les comportements
des clients et sur la nouvelle façon de créer de la valeur.
Cette
nouvelle intermédiation est parfaitement illustrée par les travaux des
trois Américains, George A Akerloff, A Michael Spence et Joseph E
Stiglitz, qui ont eu le prix Nobel d’économie le 11 octobre 2001.
Leurs travaux ont porté sur « les marchés avec asymétrie
d'information », qui permettent d'envisager comment certains
agents détiennent plus d'information que d'autres, et les conséquence
de cette situation. Les résultats de leurs travaux montrent les effets
négatifs des asymétries qui peuvent rendre la transaction impossible
si l’offreur bénéficie d'une information privilégiée. En effet,
les acheteurs, s’ils doutent de la qualité de l’offre, risquent de
ne s'engager qu’à des niveaux de prix trop bas non acceptables pour
les vendeurs de produits de bonne qualité. Un bon exemple est celui de
la vente de voitures d'occasion.
Cette
ré-intermédiation constitue un mouvement de fond dont l’impact va se
faire sur plusieurs années. Il ne faut surtout pas donner trop
d’importance au court terme comme on vient de le faire avec les deux
premières vagues de l’Internet que nous venons de vivre.
L’important est la prochaine vague, c’est-à-dire la troisième,
celle du marché inversé.
Les
trois vagues de l’Internet.
Rappelons
que le premier modèle de l’Internet qui a été basé sur l'audience
quantitative n'a même pas été validé par la publicité dont le
rendement est vite apparu insuffisant. Pourtant, nombre d'investisseurs
ont gobé ces arguments sous le prétexte que tout était nouveau.
Beaucoup d'argent a été investi sans les plus élémentaires précautions.
D'où un contre coup exagéré en sens inverse. On aurait du comprendre
que jamais un fichier de noms n'a représenté en soi de la valeur. Le
capital relationnel, c'est bien autre chose, il tient à la qualité des
relations entretenues avec les clients. C'est un capital vivant,
dynamique, donc fragile.
La
deuxième vague de l’Internet a essayé de corriger les excès de la
première en introduisant des éléments qualitatifs. Les entreprises
ont d’abord essayé de construire des relations personnalisées avec
les clients, en exploitant la connaissance de leurs profils pour
construire de la confiance et de la fidélité. Mais elles sont restées
dans des tentatives de reconstitution en ligne du commerce classique,
avec un ajustement plus fin de l'offre, tempéré par le risque de rejet
en cas de personnalisation jugée trop indiscrète.
Nous
rentrons maintenant dans la troisième vague. Cette vague va intégrer
plus profondément la nature interactive du nouveau média pour créer
des échanges plus riches car ils ne sont plus à sens unique. Le
commerce sera d'autant plus efficace qu'il écoutera, donnera la
possibilité à la demande de s'exprimer en confiance, de façon
individuelle, n'importe où et n'importe quand. Ce commerce de l'ubiquité
réussira s'il exploite pleinement l'économie de réseau, la possibilité
d'agréger des offres dans une logique de consommation en se libérant
des astreintes de la logique de production, en misant à fond sur le
pouvoir d'implication de l'unimédia. L'implication est essentielle car
dans une situation où toute l'offre du monde est à portée de clic, ce
qui est rare est le temps de chacun, ce qui est précieux, c'est de réussir
à retenir l'attention de quelqu'un pour qu'il veuille bien accorder un
peu de son temps à examiner une offre. La création de valeur résulte
d’abord d’un dialogue qui devient réel et sur la loyauté Nous
entrons dans une économie de l'attention, de l'implication. Il s’agit
bien d’un changement de paradigme.
Pour
comprendre ce nouveau paradigme, il faut avoir une approche globale et
mettre en perspective les interactions qui lient les contenus, les équipements
d’accès à Internet, les infrastructures et le commerce dans une véritable
tectonique : la tectonique des médias. Ses effet se sont d’abord
faits sentir sur les contenus qui en devenant numériques sont à
l’origine d’une transformation des équipements nécessaires à leur
restitution mis à la disposition du grand public. Ces équipements
associés aux contenus ont nécessité à leur tour de nouvelles
infrastructures qui ont permis des échanges entre les individus
beaucoup plus efficaces.
Les
effets de la tectonique des médias sur les contenus ou l’émergence
de l’Unimédia
Rappelons
que le multimédia, exploitation simultanée de plusieurs médias, son,
image, texte, remonte à la nuit des temps. Mais la disposition de
supports uniques rassemblant toutes les formes de création humaines,
permettant de les conserver, transformer, transmettre, constitue une
nouveauté de rupture. Les langages analogiques et numériques ont des
conditions de lecture et d'exploitation radicalement différentes. On
peut de façon analogique consigner sur une feuille de papier une
partition musicale, le texte qui sera récité ou chanté, les consignes
aux acteurs et chanteurs, la chorégraphie, la description des décors.
Tout cela aide des professionnels à monter un opéra. Cependant, en
regardant le document analogique, on ne voit ni ne vit l'opéra. Un
enregistrement analogique sur bande vidéo nous restitue le spectacle,
mais sous une version définie une fois pour toutes que nous ne pouvons
visionner que sur un seul type de machine, le magnétoscope. Nous ne
pouvons nous approprier aisément le document et le retravailler sans un
équipement de professionnel. Un document numérique a toujours besoin
pour être déchiffré – à la différence d’un texte imprimé ou
d’une image - de l’intermédiaire d’une machine capable de
traduire le langage des nombres en sons, images, textes. Mais le même
dossier numérique peut être enregistré sur disquette, CD-Rom ou
d’autres supports ; il est lisible sur une vaste gamme de machines,
PC, TV interactives, téléphones, terminaux portables, lecteurs de
CD-Rom…
L'adoption
généralisée du langage numérique représente donc un phénomène
majeu qui permet pour la première fois une l’unification des médias
sur une seul support (l’unimedia). Avec l’unimédia, les document
deviennent malléables, protéiformes, reproductibles, et
transmissibles. Ce sont des entités virtuelles. Ils peuvent être stockés
indépendamment des formes sous lesquelles on désire les exploiter. Le
phénomène clé est la séparation du contenu et de la forme.
La
nouvelle « électronique grand public »
La
rançon de cette situation nécessite de disposer d'un média de
restitution pour consulter le document unimédia. Cette contrainte, à
la fois économique, ergonomique et psychologique, a été et demeurera
un obstacle majeur à la généralisation du document unimédia.
Ces
équipements nécessaires à la restitution des documents unimedia vont
faire rapprocher, voire fusionner des services assurés aujourd'hui par
le téléphone, la télévision et l'ordinateur. Là où on avait besoin
pour traiter le son de la radio ou du magnétophone, pour gérer des
images de la télévision ou du magnétoscope et du papier pour
conserver du texte, on a besoin aujourd'hui, grâce au numérique, que
d'un seul support. Il est capable de gérer simultanément du son, du
texte et des images.
Nous
nous trouvons face à des innovations majeures qui concernent tous les
grands fabricants d’équipements pour le grand public : télévision,
radio, chaîne hifi, ordinateurs personnels, téléphones, appareils ménagers,
voitures…Ces innovations vont notamment permettre de mettre en réseau
des fonctions de base aujourd’hui cloisonnées dans des secteurs et
des équipements distincts. C’est le « IP inside ». la télévision,
le poste de radio, les appareils ménagers, les ordinateurs … vont être
toujours connectés et auront la possibilité de communiquer les uns
avec les autres. Avec la troisième vague de l’Internet, on a va
assister à une explosion du nombre d'appareils connectés évalués à
14 milliards d'objets en 2010 selon Forrester contre 100 millions
aujourd'hui. A cette date, presque tous les appareils fonctionnant à l'électricité
seront connectés, avec ou sans fil, à l'Internet. Cette situation
impose un passage rapide du système d'adressage IP V4 vers IP V6, seul
moyen de répondre favorablement dans les prochaines années à l'énorme
besoin en adresses Internet des milliards de terminaux connectés. Nous
rentrons dans l’ère des releveurs de compteurs.
Dans
ce contexte, les technologies multimédias vont par exemple permettre de
transformer la télévision "passive" en une télévision
"interactive" avec des fonctions comparables à celles
disponibles sur un magnétoscope et de transformer un téléphone en un
visiophone, lui aussi capable de recevoir et transmettre de la vidéo.
La consommation des ménages va s'organiser autour des "smart média",
notamment les jeux et le téléviseur informatisé fournissant à la
demande des spectacles, de l'information, des variétés en direct. Pour
donner une dimension de la révolution annoncée, on peut citer
l’exemple de l’ordinateur « bas de gamme » de 2010 qui
pourra stocker l’équivalent de 100.000 CD-Rom et du magnétoscope qui
pourra quant à cette époque stocker l’équivalent de 10.000
films.... Mais l'essentiel de cette révolution du numérique va porter
sur la façon dont l'utilisateur va pouvoir rechercher l'information et
les connaissances, et se les approprier dans un environnement qui va lui
permettre une continuité de services utilisant l’outil de restitution
de l’information de son choix (un ordinateur, un téléphone, un téléviseur,
un PDA…) où il veut et quand il veut. C’est l’ATAWAD (Any Time,
Any Where, Any Device).
Mais
rappelons que le concept de convergence est à manipuler avec prudence,
car les domaines de la vie privée ne se laissent pas rationaliser comme
un bureau ou une usine et l’on sait bien que dans une cuisine, les
appareils universels sont moins exploités quotidiennement que ceux spécialisés
techniquement plus modestes. Cependant il y a bien des tendances
techniques à la convergence entre un téléphone de plus en plus
« informatique » et des appareils informatiques portables
intégrant la parole. L’ergonomie, au sens large, c’est à dire
l’acceptation sociétale, tranchera, comme dans tout processus
d’innovation.
Les
nouvelles infrastructures de télécommunication
Les
équipements d’accès aux réseaux vont à leur tour entraîner un développement
des applications basées sur le partage et l'accès à distance. La
prochaine révolution des technologies du multimédia sera la possibilité
de transporter d'énormes quantités d'informations grâce aux débits
autorisés par les fibres optiques et des infrastructures de télécommunication
sans fil, mais aussi grâce aux logiciels de compression et de décompression
des données.
Ces
nouvelles infrastructures vont générer un volume de trafic sans
commune mesure avec les volumes que nous connaissons aujourd’hui.
C'est tout le débat actuel des télécommunication. Les infrastructures
vont devoir s'adapter à cette demande, en rendant le réseau apte à
traiter l'unimédia avec la fibre optique, le satellite, le câble, les
réseaux téléphonique, les réseaux sans fil…
Avec
ces nouvelles infrastructures, il va falloir s’habituer à utiliser de
nouveaux noms tels que les PAN, WLAN, MAN…
Le
PAN, Personal Area Network, couvre la zone de travail au bureau ou
l'habitation. Il convient à des surfaces assez limitées (rayon de dix
mètres environ). La technologie Bluetooth -développée par un
consortium de grandes entreprises comme Ericsson, IBM ou Intel -
devrait s'y imposer progressivement et permettre des échanges
d'informations entre différents systèmes électriques et électroniques.
Ce protocole de transmission constitue une solution de réseau local par
ondes radio. En gros, il permet de passer de son bureau à une salle de
réunion puis à une autre tout en gardant son PC portable en contact
avec les autres ordinateurs de l'entreprise via le serveur de cette
dernière. Ce type de solution réseau sans fil est composé de cartes
émettrices/réceptrices à brancher sur chaque PC de bureau, portable
ou PDA, et d'une borne centrale (point d'accès) faisant le lien entre
les différents éléments et fournissant éventuellement un accès
Internet. Un concept déjà présent depuis plus d'un an chez Apple avec
l'Airport, à la norme 802.11b.
Les
WLAN, en concurrence localement avec les PAN (Bluetooth), empiètent sur
le terrain des WAN, Wide Area Network (rayon de plusieurs kilomètres),
espace occupé aujourd'hui par les technologies GSM et GPRS et, demain,
par l'UMTS. L'enjeu est très important. Il concerne la continuité de
services entre les situations fixes, domicile et lieux professionnel,
situations semi-fixes (commerces, lieux de loisirs ou de passage,
chambres d’hôtel par exemple, domiciles d’amis, salles d’attente
ou salon de coiffure pour les femmes) et les situations successives de
mobilité, du piéton à l’automobiliste en passant par les transports
en commun. Insistons sur le pluriel de fixes et de mobiles. Sinon, on
passe à côté de la nécessaire continuité à atteindre dans les
prochaines années. Les situations semi-fixes sont importantes :
rappelons que les services du i-mode mobile japonais sont exploités
essentiellement en situation de non mobilité.
Le
réseau WLAN n’offre qu’une mobilité limitée à la zone de
couverture du point d’accès, pensait-on. Et bien non. En fait, les
terminaux peuvent fort bien communiquer directement entre eux et étendre
ainsi la portée de leur réseau, changeant alors notablement
l’environnement concurrentiel de la téléphonie cellulaire. La
technologie de Meshnetworks transforme chaque terminal en mini routeur
et point d’accès et constitue un maillage potentiellement plus
efficace que l’architecture des réseaux cellulaires. D’autres
solutions concurrentes de réseaux maillés seront bientôt disponibles
sur le marché.
Avec
les réseaux WLAN (ou Wifi), a-t-on vraiment besoin de l’UMTS tout le
long d’un trajet d’autoroute pendant la conduite. On peut avancer
que l’important est de pouvoir recevoir un message d’alerte par GSM
ou GPRS et atteindre rapidement l’une des zones équipées de Wi-Fi
pour consulter, naviguer, expédier. Dans cette optique, les aires de
repos et les stations service deviendraient les portes d’accès au
monde numérique et l’élément critique serait leur espacement le
long de l’itinéraire. Les bornes interactives, les appareils et
panneaux publicitaires « communicants » par liaison sans fil
joueront un rôle important pour assurer une vraie continuité de
service.
Si
cette hypothèse se vérifie, les lieux de passage vont se différentier
en zones de passage à fort trafic mais faible audience et lieux de vie
et de convivialité où beaucoup de personnes passeront du temps,
s’arrêteront, se trouveront en position « nomade fixe »,
ce qui leur permettra d’exploiter la possibilité de connexion, de téléchargement
de données, de dialogue interactif avec des bornes ou avec des sites
lointain, d’échange avec leurs entourages domestiques, amicaux,
professionnels, sociétaux. Là le trafic se convertira en audience et décision
d’achat. Ce sera la reconstitution virtuelle et nomade de mon foyer,
mon quartier, mon bureau…Le citoyen consommateur bénéficiera ainsi
d’une proximité nomade géographiquement intermittente raccordée par
les zones interstitielles en GPRS…
Mais
l’innovation majeure viendra des infrastructures qui vont permettre
les échanges en mode « peer to peer ». Ce modèle introduit
par Napster permet des échanges "entre pairs", chaque machine
étant à tour de rôle cliente quand elle télécharge un fichier situé
dans un autre PC, et serveur quand c'est dans son disque dur qu'un
"client" vient chercher ce qui l'intéresse. Chacun a des
relations en théorie symétriques, même si en réalité, la nature
humaine fait que beaucoup plus se comportent en preneurs qu’en
donneurs. Les pairs constituent un réseau dont chaque nœud, c’est-à-dire
précisément chaque pair, possède une large autonomie, avec le droit
notamment de se débrancher. Aussi le réseau est-il mouvant et imprédictible
: il fonctionne sans que l’on ait besoin de savoir qui est branché à
un certain moment et les adresses, comme on va le voir, ne correspondent
pas nécessairement à une machine donnée. Ces caractéristiques répondent
à un contexte moins prévisible et donc moins planifiable que celui qui
servait de référence dans l’univers fordien et taylorien
Les
nouvelles formes de commerce électronique
Il
n’existe aucune « formule magique » démontrant la
contribution des télécommunications aux performances économiques de
la distribution. Il ne peut d’ailleurs pas en exister. En effet, cette
contribution étant indissociable de la capacité de l’entreprise à
exploiter son capital en information au moyen de la technologie, il
serait faux d’attribuer une valeur exacte à la seule technologie.
Toutefois, on constate que les entreprise de la distribution les plus
performantes sont celles qui ont aussi mis la technologie et les télécommunications
au cœur de leur stratégie.
Les
techniques numériques de l’informatique communicante associés aux
nouveaux équipements d’accès à l’information et des contenus unimédias
apportent potentiellement des gains considérables par la chute brutale
des coûts de transaction qu’elles rendent possibles. L’enjeu est
majeur : il concerne la concrétisation des promesses de
l’entreprise étendue, intégrant dans un réseau de flux financiers,
de flux de données et de produits, les fournisseurs, les partenaires,
les clients, l’ensemble des acteurs de la production de valeur
De
nouveaux types de services payants vont pouvoir se développer nécessitant
des processus de facturation à faible coût. De nombreux
entrants vont apparaître : ce sont tous ceux qui savent relever des
compteurs, individualiser des services et des clients qu'il s'agisse
d'eau, de gaz, d'électricité, des cartes de paiement, de location,
d'abonnement divers, ...Cela représente une mutation profonde des
approches classiques en matière de médias. Elle ne fait que commencer.
On va assister à une rapide évolutions des médias classiques et l'émergence
de nouveaux acteurs qui vont remettre de nombreuses positions acquises.
Tous
les échanges commerciaux vont utiliser le même langage : le
langage XML. La
grande différence entre XML et l’EDI se situe dans la façon même
d’échanger et de partager de l’information. En simplifiant, on peut
dire que XML appartient au domaine de la publication en ligne de données,
alors que .l’EDI appartient à celui de l’échange de fichiers.
Autant l’EDI s’inscrit dans un schéma de pensée qui est encore
celui du courrier postal, autant XML appartient déjà à celui du
partage en temps réel de ressources informatiques. Un envoi de factures
par l’EDI est une transposition électronique de l’opération
manuelle consistant à imprimer, mettre sous enveloppe, affranchir et déposer
dans un boîte à lettres. En XML, ce ne sont pas des fichiers qui sont
échangées, traitées ; ce sont directement des informations que
les spécialistes appellent des « objets métiers » qui sont
manipulées. En pratique, l’EDI s’impose pour un échange régulier
de grands volumes de fichiers, par exemple entre donneurs d’ordre et
fournisseurs. XML l’emporte par sa flexibilité pour des échanges non
planifiés, entre fournisseurs et clients occasionnels, ou pour accéder
à des données en fonction des besoins opérationnels.
Un
avantage énorme de cette nouvelle façon de faire des affaires est de
pouvoir externaliser plus facilement des fonctions en utilisant les Web
services, solutions nouvelles et concept encore émergent, donc loin
d’être complètement stabilisé. On peut dire que les Web services ne
sont ni du Web, puisqu’ils sont exploitable en interne ou sur
l’ensemble d’Internet, ni du service, à moins d’assimiler toute
solution technique à du service. L’ambiguïté vient de leur nom et
du fait qu’ils permettent, notamment, mais pas uniquement, de vendre
et d’acheter du service en ligne. La définition la plus simple des
Web services consiste à dire qu’il s’agit de logiciels assurant la
communication entre deux applications informatiques. Ils gèrent des
interfaces pour les rendre compatibles et communicantes, ce sont des
outils d’interopérabilité.
On
disposait déjà d’API (Application Programming Interface) mais deux
logiciels ne pouvaient communiquer que s’ils disposaient des mêmes
API. Les Web services résolvent ce problème par la standardisation.
Ils utilisent l’alphabet normalisé XML pour rédiger des données
transportées par le protocole SOAP (Simple Object Access Protocol) sur
le protocole HTTP. Des «modules de traduction s » (listener et proxy)
SOAP servent donc d'interfaces entre l'environnement d'exécution local
du service web et le monde extérieur, organisant le dialogue via
Internet avec d’autres services Web. Les services pertinent peuvent être
identifiés et joint grâce à UDDI (Universal Description, Discovery
and Integration), annuaire également au format XML, répertoriant de façon
homogène l'ensemble des services accessibles sur Internet. Autorisant
une interaction en temps réel entre applications, les Services Web font
progresser la conception des applications pour permettre aux entreprises
d'intégrer des processus de gestion et faciliter l'échange
d'informations. Rendus possibles grâce à l'existence de standards
ouverts tels que XML, les Services Web sont donc les briques de base
d’une nouvelle génération d'applications riches en contenu.
Les
architectures en Web Services comportent plus généralement plusieurs
avantages :
·
Les Web Services
permettent le déploiement d'applications distribuées et accessibles
depuis n'importe quel type de terminal, PC, téléphone Internet, PDA…
·
Grâce à leur capacité
à s'invoquer mutuellement, ils sont aussi des outils d'intégration
puissants entre applications distantes.
·
Ils permettent de
proposer à l'utilisateur final une agrégation de services composée en
fonction de ses besoins personnels à partir de l’offre de différentes
entreprises qui ne perdent pas pour autant leur contact client. Nous en
verrons des exemples réels.
·
En
permettant aux entreprises d’acheter uniquement la fonctionnalité
dont elles ont besoin au moment où elles en ont besoin,
l’architecture Web peut réduire de manière substantielle les
investissements en technologie d’information. En transférant la
responsabilité de la maintenance des systèmes à des fournisseurs extérieurs,
elle réduit les embauches de spécialistes fins en technologies de l’Information
ainsi que le risque d’utiliser des technologies obsolètes .
L’architecture
de type services Web permet une collaboration plus flexible, à la fois
entre services au sein d’une même entreprise et entre entreprises.
Lorsque les systèmes d’information traditionnels doivent communiquer
entre eux, ils le font au travers des connections point à point dédiées,
non flexibles et au fur et à mesure de leur prolifération, leur
gestion devient un cauchemar. Avec l’architecture services Web, tout
le monde partage les mêmes standards en matière de description de données
et de protocoles de connections ; par conséquent des applications
différentes peuvent communiquer librement
entre elles sans
qu’il soit nécessaire de programmer des procédures qui coûtent
cher. Les entreprises pourront réagir plus vite à l’environnement et
intégrer aisément toute modification d’activités et de
partenariats.
Parmi
les enjeux liés à l’émergence de ces nouveaux technologies appliquées
au commerce, il y a notamment la création de lien de confiance entre
l’acheteur et le commerçant. Cette confiance est nécessaire pour que
la personnalisation soit possible et que l’acheteur accepte de
transmettre son « double informationnel ». On a pris
l’habitude de déposer son argent dans les banques parce que l’on a
suffisamment confiance en elles, et que l’on peut aisément retirer
notre argent quand nous le désirons sans en laisser trop…Il va
falloir créer les conditions pour que les citoyens acceptent de déposer
des informations les décrivant dans des banques de données, en
fournissant la difficile garantie d’une possible récupération complète
de ces données personnelles. La construction de confiance est encore
une condition pour que les paiements soient réalisés en ligne. Pour
cela le vendeur doit pouvoir authentifier l’acheteur et celui-ci doit
se fier assez pour fournir les éléments nécessaires à cette
authentification et pour opérer le versement en ligne. D’où
l’importance critique de l’initiative de Microsoft avec Passport et
des réactions qu’elle suscite dans ce qui va être une dure bataille
pour la standardisation de l’authentification en ligne.
Comme
nous venons de le voir ci-dessus, nous n’avons encore rien vu et tout
va s’accélérer. Mais quels ont été les principales étapes qui
nous ont amenées à la situation actuelle.
Les
grandes tendances des technologies de l’information sur la période
1970 - 2000
Si
l'on observe le panorama des industries de l'information et de leurs
domaines d'influence depuis vingt ans, on constate qu'au début des années
70 sept secteurs possédaient leurs produits propres, et ne se concurrençaient
pas. C'étaient : Les télécommunications. Les communications
professionnelles n'avaient pratiquement pas de rapport avec
l'informatique à part quelques modems et des autocommutateurs
informatisés. L'électronique grand public faisait bande à part, ainsi
que l'équipement de bureau, constitué de fabricants de copieurs, de
machines à écrire électroniques, de papier, de microfilm, etc. La
distribution de données se confondait avec le courrier papier, même si
à côté du télex apparaissaient les premières messageries électroniques
et les réseaux câblés. Les banques de données ne vendent de
l'information qu'aux professionnels. Le monde de l'édition et des
loisirs se partageait entre la presse, le livre, la production de film
et la vidéo.
Les
tendances des années 70
Dix
ans plus tard, les convergences sont visibles, mais il n'y a pas encore
d'alliances généralisées. Les grandes transformations des industries
de l'information ont concernée :
le
téléphone commence à intégré progressivement l'électronique et le
langage numérique, et se rapproche de la bureautique.
l'électronique
commence à se répandre dans tous les produits. Les premières consoles
de jeu, situées à l'interface de l'informatique professionnelle, de l'électronique
grand public et du monde des éditeurs. Les leaders sont solides dans
leur domaine :
- IBM
domine l'informatique,
- ATT
contrôle les télécommunications
- Wang
est le roi de la bureautique
- DEC
est le leader de la mini-informatique
Les
tendances des années 80
Au
début des années 80, tous les secteurs se sont rapprochés. Les frontières
entre de marché du grand public et le domaine professionnel se sont
estompées. Le langage numérique est un puissant facteur unifiant. Il y
a désormais continuité du bureau au monde des jeux, de la culture, et
de l'information. Partout on recherche les marchés de masse et les
vendeurs d'ordinateur doivent apprendre l'approche grand public.
Au
cours de ces années l'ordinateur personnel s'impose comme un outil de
productivité indispensable. Des constructeurs d'ordinateurs inconnus en
1980 vont devenir en 1990 les leaders. Les barbares entrent en force
dans le cercle fermé des constructeurs informatiques.
Le
vidéotex se développe à mi-chemin entre les télécommunications, la
distribution du courrier et les banques de données. Des groupes d'éditeurs
prennent des positions importantes dans domaine du Minitel. La télématique
devient une réalité, mariant bientôt le micro-ordinateur et le téléphone
dans le Minitel. Pendant ce temps IBM et ATT s'affrontent. On parle de
combat du siècle.
On
a assisté au déclin relatif du matériel face au logiciel commence.
Cette période a été marquée par le succès de Microsoft, Lotus,
Borland, ..... Parallèlement on a constaté la disparition, ou à
l'absorption, des leaders de l'informatique des années 70 et notamment
Burroughs, Univac, NCR, Honeywell, Wang, .... ATT rachète NCR.
La
télévision couleur et le magnétoscope connaissent un énorme succès.
Le CD-audio s'impose. Les japonais sont très actifs dans le domaine de
l'image, et particulièrement Sony et Matsushita. En 1989, en pleine
bataille pour la Télévision Haute Définition, la TVHD, Sony rachète
Columbia, et Matsushita prend le contrôle de MCA pour 6,13 milliards de
dollars. Le papier et l'image se marient grâce à la fusion de Time
Warner, formant le plus grand groupe multimédia du monde et le second
cablo-opérateur des Etats-Unis.
L'effet
de masse est atteint aussi au niveau des contenus. Le nombre d'heures
programmées en France par les grandes chaînes de télévision a bondi
de 14.000 heures en 1985 à 36.800 en 1989.
Les
législateurs américains encouragent les entreprises de téléphone à
pénétrer le secteur de la télévision et les fournisseurs de télévision
câblée à offrir des services téléphoniques.
Les
tendances des années 90
On
assiste à une multiplication des alliances entre l'électronique grand
public, qui sait vendre aux masses et l'informatique qui sait concevoir
des ordinateurs. De même on assiste à une multiplication des accords
entre les téléphonistes, maîtrisant les réseaux et les cablo-opérateurs,
sachant vendre à des clients des services hors monopole.
Les
micro ordinateurs apparaissent sur les rayons des supermarchés. Pendant
ce temps IBM, DEC, et les constructeurs de gros ordinateurs perdent des
parts de marché, ... et de l'argent. En 1995, il s'est vendu dans le
monde plus d'ordinateurs personnels que de voitures.
La
puissance des composants électroniques double tous les dix-huit mois en
moyenne à coût égal depuis vingt ans, et le prix moyen d'un
ordinateur personnel baisse de 25 % par an depuis dix ans. D'où une
banalisation de l'informatique qui s'achète désormais comme un téléviseur.
Cette tendance va s'accélérer au cours des prochaines années.
Les
années 90 sont aussi les années de la première vague de l’Internet,
celle où l'on découvrait les facilités du courrier électronique, de
la navigation, où se préparaient les premiers portails et où des sociétés
vantaient la croissance explosive du nombre de leurs abonnés ou de
leurs visiteurs. Amazon.com apparaissait emblématique.
Les
tendances des années 2000
Les
années 2000 sont les années de l’émergence d’une économie rapide
qui fonctionne en réseau. L’utilisation des technologies de
l’information est le moyen d’inventer de nouveaux business models
basés sur une baisse importante des coûts de transaction. Cette
nouvelle façon de faire des affaires repose sur l'idée de partage de
l'information et de la construction de système d’information autour
de partenariats et notamment la possibilité de :
- Mettre
en place des coopérations entre entreprises qui permettent de
mutualiser ressources et compétences, elles réduisent les
investissements individuels et permettent des croissances plus
rapides.
- Réduire
l’impact des distances et élargir au monde les zones de
chalandise.
- Accélérer
les échanges et réduire potentiellement stocks et charges financières.
- Mettre
en synergie les compétences amont aval pour concevoir et de
produire plus vite et de façon mieux ciblée et de réduire donc
les pertes.
- Permettre
d’analyser de grandes masses d’information et de personnaliser
la relation avec chaque
client pour proposer du sur mesure, co-créer avec l’utilisateur,
ceci dans des conditions économiques viables.
Il
devient possible d’exploiter les immenses masses d’informations
remontant de l’aval pour analyser les tendances du marché, les suivre
en temps réel, mieux encore, pour donner réellement la parole au
client et lui permettre de devenir prescripteur, cocréateur,
ordonnateur de la production et de la distribution des services ou
produits qu’il commande.
On
a souvent dit que le client était le vrai patron des entreprises, à présent
il est possible et rentable de traduire ce slogan en une réalité :
l’entreprise orientée client, irriguée par un système
d’informations lui aussi orienté sur l’extérieur. Les entreprises
gagnantes seront d’ailleurs celles qui auront su valoriser au mieux et
le plus vite les informations venues du terrain, les demandes du client,
pour les traduire le plus vite possible en services ou produits, en réduisant
au maximum les stocks et les délais. Pouvoir ne produire qu’après
avoir vendu en valorisant le sur mesure devient un objectif réaliste
pour beaucoup de secteurs, objectif déjà atteint par certaines
entreprises très prospères comme Dell.
Cet
objectif devra être décliné de différentes façon, pour tenir compte
des contraintes de chaque catégorie de produits. Mais les impératifs
de rapidité, d’agilité, d’anticipations s’imposeront partout.
L’industrie automobile l’a bien compris comme le prouvent les réorientations
stratégiques de Ford et de Renault qui a pris une avance sensible en la
matière. L’économie poussée par l’offre coûte plus cher à gérer
que celle tirée par le client, elle sera donc marginalisée dans nombre
de secteurs, notamment les services et produits d’équipement.
L’application sera probablement très différente dans les produits de
grande consommation.
Un
dernier enjeu important lié aux technologies de l’information est
celui de la compréhension de l’évolution des business models.
Evolution
des business models des acteurs des technologies de l’information.
Avec
l’évolution des technologies de l’information, les stratégies des
entreprises ont été très différentes. On peut relever quatre grandes
étapes :
- Le
premier modèle, celui d’IBM, était du type I = C
Au
début de l’informatique, IBM vend du matériel et gagne de l'argent
avec sa maintenance. Le champ des technologies de l'Information
s'identifie aux applications du Computer. A cette époque, le marché
mondial était de de 40 milliards de dollars
- Le
deuxième modèle, celui d’ATT, était du type I = CxC = C²
La
télématique est venu rajoutée une dimension essentielle, celle des
applications des réseaux. Grâce au deuxième C (communication), on
vend aussi de l'accès et de la connexion à des sites distants et à
des bases de données. Le marché mondial passe à 150 milliards de
dollars.
- Le
troisième modèle, celui de Microsoft, était du type I= MC²
Les
technologies permettent de faciliter l’accès et le traitement de
l’information avec des interfaces plus conviviales. Des Médias numériques,
interfaces, Windows rendent l’informatique accessible à des non
informaticiens. Microsoft a le premier compris la possibilité
d’utiliser ce type de technologies pour vendre ses logiciels comme de
la lessive en paquet. L'objectif est de vendre la version n+1 des
logiciels. Le marché de l’informatique devient alors un marché de
450 milliards de dollars.
- Le
modèle gagnant des prochaines années sera du type I = EMC²
Le
" E " représente l’entremetteur qui apportent
l’interactivité des échanges en réseau avec sa communauté ou avec
ses fournisseurs. L'objectif est de standardiser logiciel et matériel.
Avec ce modèle, on gagne de l'argent en facilitant les interactions et
l'accès à des services personnalisés grâce à l'interactivité. On
vend de l'abonnement. La fidélisation est basée sur la fréquence
quotidienne des échanges. C'est un marché mondial de 2000 milliards de
dollars
Ce
nouveau modèle conduit à des offres de services globaux impliquant une
intégration à la fois horizontale et verticale :
- intégration
horizontale. Le
consommateur, pour gagner du temps, de la tranquillité et de
l’efficacité souhaite recevoir une gamme de prestations complémentaires
correspondant à ses préoccupations, même si elles correspondent
à des métiers différents. Il faut donc agréger les offres de métiers
différents dans une logique consommateurs. Cela n’implique pas
des liens capitalistiques entre acteurs mais un partenariat bien défini
dans le temps et l’espace.
- intégration
verticale. C’est
la démonstration de Wal-Mart et Dell. On doit devenir un chef
d’orchestre de compétences amont complémentaires. Ceci permet la
meilleure offre, à la condition que la production amont exploite
bien les informations aval. L’idéal est de déclencher comme chez
Dell la production par l’acte de vente du client terminal (et pas
du grossiste ou du distributeur concessionnaire comme c’est le cas
dans l’automobile). L’organisation Wal-Mart permet aux
fournisseurs amont d’optimiser leur production guidée par les réassort
et la connaissance du terrain entretenue avec Wal-Mart. Un tel bénéfice
n’est pas obtenu dans le cas d’Amazon, au niveau des éditeurs.
Ces
partenariats sont essentiels à la nouvelle façon de faire des
affaires. Ils doivent fédérer des compétences et métiers complémentaires
également au niveau de la logistique et de la distribution, pour maîtriser
les flux et les stocks. Là encore, Amazon a proposé un contre-exemple.
La logistique est un métier en soi. Des synergies sont souvent
possibles entre vente en ligne et livraison dans un réseau
d’implantations physiques pour exploiter les avantages de la proximité
et renforcer les liens par des contacts directs. Cisco et Autobytel
proposent par exemple des exemples dans des domaines très différents.
La Poste, les banques et beaucoup de métiers disposant
d’implantations physiques locales nombreuses peuvent envisager de
telles synergies.
Nous
avons désormais assez de recul pour tirer des leçons sur les
possibilités d'évolution à dix ans et sur les conditions de viabilité
des initiatives en cours et futures. On peut affirmer désormais avec
certitude que les phénomènes auxquels nous assistons depuis la dernière
décennie sont profonds et connaîtront une montée en puissance durable
suivant des courbes généralement exponentielles. La plupart des
acteurs ont maintenant tout ce qu’il leur faut pour agir et bénéficier
de ces axes de rupture technologique décrit ci-dessus.
Pour tout renseignement
complémentaire, contactez-nous
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